Textes & Presse


Dans ma pratique de la peinture, je considère mon support comme une surface à occuper, en deux comme en trois dimensions. Ou, pour le formuler différemment, je m'intéresse à la surface de la toile et aux surfaces que je vais superposer dessus, aux différentes couches qui constitueront l'œuvre finale.


Ma première série, Peintures, 2002-2004, réalisée dans un cadre universitaire et composée d'une cinquantaine de toiles carrées de 20 cm de côté, posait la question de la superposition des couches en peinture via l'utilisation de latex qui me permettait de préserver une partie déjà peinte de la couche qui viendrait la recouvrir.  


Peintures, 2002 - 2004, extraits :
peinture28.jpgpeinture14.jpg peinture-42.jpgpeinture11.jpg

Parallèlement je travaillais sur une série en volume Chutes, 2002 - 2004, réalisée par récupération, découpage, et collage de peintures préexistantes.  Peinture devenue volume, par superposition, par empilement.

Chutes, 2004 - 2004, extraits :

empilement23.jpg empilement24.jpg empilement1.jpg empilement12.jpg 

J'ai depuis continué cette réflexion sur la peinture dans son rapport intrinsèque à la superposition des couches, tout en interrogeant les relations possibles entre surface visible, surface d'exposition, surface du support, surface peinte ou non peinte... m'amenant à penser la peinture non pas seulement pour elle-même mais aussi pour son accrochage, son installation dans l'espace.

Puzzle, 2004, vue d'ensemble.

vue puzzle.jpg 

 

Je poursuis actuellement mes recherches en travaillant notamment à l'aide d'adhésif de masquage, qui me permet de préserver certaines parties déjà peintes de la couche suivante, ou encore de déplacer une partie peinte sur l'adhésif vers un autre emplacement sur la toile ou ailleurs.

 

Maryline Beauplet-Dornic, Février 2011.


Interview par Christophe Tesson pour le site L'art est Public, à propos de l'oeuvre Suspens, installée à Montataire en 2006.


Court texte de Christophe Tesson à propos de la série Bande passante (2006).

" La série Bande Passante, de Maryline Beauplet Dornic, est une suite de saynètes explorant d’une façon toute minimale les possibilités d’une fenêtre de défilement et d’un « ascenseur ». Elle n’y cherche pas tant ce qui pourrait être un film minimum, qu’à raconter une histoire plastique forte avec une palette de moyens réduite à deux fois rien.
Comme d’habitude dans son travail, un geste quotidien se transforme en événement mythique. Ici, le marché du dimanche matin devient une vanité… "

L'art de recycler, article paru dans le quotiden L'Alsace en septembre 2005 à propos de l'exposition Recycl'art (Colmar).


À propos de l'installation Puzzle exposée à La Courneuve en 2005.

"Maryline Beauplet-Dornic a le chic pour monter en épingle les micro évènements de la vie courante, qu'elle met en scène astucieusement. Un problème capillaire devient mémorial de la Seconde Guerre Mondiale, une peinture ratée mute en strates géologiques, etc. Chez MBD, rien ne se perd, tout se transforme. Et justement, on la découvre ici juxtaposant des fragments de peintures sur une trame imaginaire, comme une sorte de dialogue entre les minuscules sédimentations intimistes de ce qu'elle appelle ses Empilements (morceaux de peintures découpées et empilés jusqu'à constituer des volumes) et la formidable complication urbaine sociale et historique qui ont conduit à l'empilement bâti, raccordement de bâtisses approximatives sur cette parcelle en premier lieu maraîchère, puis relais de postes, et dernièrement atelier de mécanique, précisément les établissements Michel."

Christophe Tesson, in Catalogue de l'exposition juxtAssemblages & stratificapOsitions, 2005.


À lire également, l'article de Marie Deparis sur le site internet La Factory à propos de l'exposition juxtAssemblages & stratificapOsitions.


À propos de l'exposition Beauplet-Dornic/Le Her/Ruillard à l'école Pigier du Mans, organisée par Ghislaine Delafontaine.

"Une expo là où on n'a pas l'habitude d'en voir...

De gauche à droite, Christian Bagnaud, Jean-Lou Le Her, Patrice Ruillard et Ghilaine Delafontaine présentent l'exposition de sculptures et de photographies qui a lieu chez Pigier jusqu'au 19 septembre.

Pour la rentrée, les enseignants de l'école Pigier coiffure et esthétique, rue de la mariette, ont découvert une exposition dans leurs locaux. Des artistes y présentent leurs oeuvres pendant une semaine.

Dans les esprits, art et entreprise ne font pas (forcément) bon ménage. Depuis quelques jours, l'exposition de sculptures et de photos, visible chez Pigier, rue de la mariette, prouve le contraire. En effectuant leur rentrée, les enseignants en coiffure et esthétique ont eu la surprise de découvrir plusieurs oeuvres en entrant dans leur école."J'ai voulu faire le lien entre les oeuvres et l'entreprise qui les accueille", explique Ghislaine Delafontaine, à l'origine de l'exposition. C'est ainsi que l'école Pigier coiffure et esthétique accueille trois artistes dans son entrée, jusque dans le bureau du directeur, Christian Bagnaud.
Trois artistes ont décidé de jouer le jeu en prêtant quelques-unes de leurs réalisations. Patrice Ruillard a installé ses sculptures, des bronzes patinés représentant des corps de femme. "Il a une approche sensuelle du corps de la femme dans des poses et des techniques différentes", décrit Ghislaine Delafontaine. Puis on lâche la sculpture pour se tourner vers la photographie. Jean Lou Le Her et Maryline Beauplet-Dornic présentent une oeuvre composée de photos noir et blanc et trois photos couleur. Le titre ? Hiroshima mon épi. Ou comment une mèche rebelle se transforme en oeuvre tragico-comique.

Pratique. Il est possible de voir les sculptures et les photographies chez Pigier coiffure-esthétique, 43 rue de la mariette, au Mans jusqu'au vendredi 19 septembre, aux heures d'ouverture."

Ouest-France, 12 septembre 2003.


À Propos de l'exposition Corps & Graph(ismes), Le Mans, 2003.

"Le corps sous toutes ses facettes à l'abbaye

Six jeunes artistes exposent à l'abbaye Saint-Vincent sous une thématique commune, celle du corps.

 
Six jeunes artistes exposent à l'abbaye Saint-Vincent du lycée Bellevue. Simple enveloppe charnelle d'un esprit en mutation ou source de tracas quotidien, le corps est envisagé à travers des techniques et des approches très différentes.
Encore étudiantes à l'université d'arts plastiques de Rennes, ces six jeunes artistes ont développé un travail très abouti sur le corps. Cette année au programmes du baccalauréat, le thème tombe à pic pour les lycéens.
C'est Christelle Malet, ex-élève du lycée Bellevue, qui a eu l'initiative de rassembler ces recherches, fruits d'un mémoire de DEA ou de maîtrise, en une exposition commune déjà installée une première fois au centre culturel de Saint Saturnin. "Ces travaux m'ont touchée car ils ne laissent pas indifférent. On peut être séduit ou ressentir une certaine répulsion. Tous provoquent une réaction vive et mènent à une réflexion plus profonde", détaille-t-elle.
À l'image de leurs auteurs, chaque oeuvre, installée dans la salle de spectacle de l'abbaye Saint-Vincent, est différente de celle qui la côtoie. Le sens oscille entre gravité et dérision.
Fantastique, ironique, intime
La version de Bénédicte L'Hénoret est plutôt pessimiste : dans une vidéo, on peut la voir se débattre dans une camisole improvisée. Elle s'explique : "La vie est une succession de chutes desquelles il faut sans cesse se remettre. Rendre cette image drôle et burlesque est une façon d'exorciser mes craintes." La tonalité est tantôt fantastique, comme les hybrides mi-femme mi-animal de Céline Guesdon, tantôt franchement ironique, comme ces clichés où on peut voir les étapes d'une coupe de cheveux jusqu'au rasage à blanc signées Maryline Beauplet-Dornic. Parfois le corps est vu comme une simple enveloppe charnelle, un lieu de métamorphoses, celles par exemple de la petite fille qui se change en femme à l'intérieur d'un corps-chrysalide. Ainsi, Esthelle Lebullenger a construit une sorte de tente-igloo faite d'une matière diaphane, à l'intérieur de laquelle on peut la voir se glisser et évoluer dans une vidéo-performance. "Le contact est doux mais angoissant à la fois. On a peur de ne pas pouvoir en ressortir, à l'image des mutations que l'on rencontre au cours d'une vie." Christelle Malet donne une interprétation plus intime avec des photographies de détails anatomiques de son propre corps, présentés sur des lampes-monolythes. "Au départ, c'était une manière de vaincre mes complexes", commente-t-elle. Cette présentation montrée sans tabous, dans ses lumières douces redonne toute sa valeur à un corps souvent banalisé et agressé par le tapage publicitaire.
Pratique. Exposition visible jusqu'au 28 mars. Christelle, Agnès, Esthelle, Céline et Bénédicte exposeront de nouveau aux Saulnières, lors de la manifestation Puls'art."

Ouest-France, 25 mars 2003.


À propos de l'exposition Hors cadre de 2001 (Abbaye St Vincent, Le Mans).

"Le groupe Hors cadre au lycée Bellevue.

Des professeurs d'arts plastiques réunis dans le groupe "Hors cadre" exposent leurs oeuvres au lycée Bellevue. Cette initiative permet de découvrir les multiples facettes de l'art contemporain dans un cadre exceptionnel.
Le nain de jardin a déserté la pelouse du lycée Bellevue. Depuis jeudi, le visiteur est accueilli par une installation de Philippe Neau, constituée de bâtons peints, et dans laquelle il est possible de circuler. "En jouant sur les variations de motifs et de hauteur sur ces tubes, explique-t-il, je cherche à créer des rythmes différents". Ce travail montre comment il est possible de s'exprimer en peinture autrement que sur une surface plane. Une approche que l'on retrouve finalement dans les totems des amérindiens.
L'ensemble des oeuvres exposées à l'intérieur de l'abbaye Saint Vincent illustre les préoccupations actuelles de l'art, avec des sensibilités et des techniques très variées. Quatre exposants ont travaillé sur le thème de l'autoportrait : Les photographies de Sandrine Graux-Reiter et de Carole Dubrana proposent deux approches différentes de leurs propres corps, la première s'intéressant au mouvement, la deuxième aux parties gênantes de son corps. Maryline Beauplet-Dornic a choisi le registre de l'auto-dérision pour parler du désastre que constitue l'épi du matin. Quant à Jean-Pierre Marquet, il s'inscrit dans une démarche d'autofiction (autobiographie plus fiction) en exposant une série de planches, souvent ironiques, mêlant l'écriture, l'image, la photographie et le texte. Proche de lui, Frédérique Barbe s'est servi des alcôves pour exposer de curieux inventaires d'objets et de mécanismes.
En peinture, les oeuvres de Jean Lou Le Her, professeur au lycée Bellevue, faits à partir de matériaux de récupération, et de Ghislaine Delafontaine expriment le même plaisir de peindre, de travailler la matière. Un peu isolées de par leur thème, des photos rares de Marie-Christine Doche, ramenées de voyages en Thaïlande, au Cambodge, Turquie et Italie, établissent des rapprochements de formes, de lumières, entre des clichés pris à des moments différents.
Éloignés d'une démarche commerciale et de tout snobisme, ces artistes, qui prennent plaisir à expliquer leur travail, nous offrent une image de l'art contemporain multiforme et accessible."

Ouest-France, 26 - 27 mai 2001.

 

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