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Le corps sous toutes ses facettes à l'abbaye Six jeunes artistes exposent à l'abbaye Saint-Vincent du lycée Bellevue. Simple enveloppe charnelle d'un esprit en mutation ou source de tracas quotidien, le corps est envisagé à travers des techniques et des approches très différentes. Encore étudiantes à l'université d'arts plastiques de Rennes, ces six jeunes artistes ont développé un travail très abouti sur le corps. Cette année au programmes du baccalauréat, le thème tombe à pic pour les lycéens. C'est Christelle Malet, ex-élève du lycée Bellevue, qui a eu l'initiative de rassembler ces recherches, fruits d'un mémoire de DEA ou de maîtrise, en une exposition commune déjà installée une première fois au centre culturel de Saint Saturnin. "Ces travaux m'ont touchée car ils ne laissent pas indifférent. On peut être séduit ou ressentir une certaine répulsion. Tous provoquent une réaction vive et mènent à une réflexion plus profonde", détaille-t-elle. À l'image de leurs auteurs, chaque oeuvre, installée dans la salle de spectacle de l'abbaye Saint-Vincent, est différente de celle qui la côtoie. Le sens oscille entre gravité et dérision.
Ouest-France, 25 mars 2003. |
Fantastique, ironique, intime La version de Bénédicte L'Hénoret est plutôt pessimiste : dans une vidéo, on peut la voir se débattre dans une camisole improvisée. Elle s'explique : "La vie est une succession de chutes desquelles il faut sans cesse se remettre. Rendre cette image drôle et burlesque est une façon d'exorciser mes craintes." La tonalité est tantôt fantastique, comme les hybrides mi-femme mi-animal de Céline Guesdon, tantôt franchement ironique, comme ces clichés où on peut voir les étapes d'une coupe de cheveux jusqu'au rasage à blanc signées Maryline Beauplet-Dornic. Parfois le corps est vu comme une simple enveloppe charnelle, un lieu de métamorphoses, celles par exemple de la petite fille qui se change en femme à l'intérieur d'un corps-chrysalide. Ainsi, Esthelle Lebullenger a construit une sorte de tente-igloo faite d'une matière diaphane, à l'intérieur de laquelle on peut la voir se glisser et évoluer dans une vidéo-performance. "Le contact est doux mais angoissant à la fois. On a peur de ne pas pouvoir en ressortir, à l'image des mutations que l'on rencontre au cours d'une vie." Christelle Malet donne une interprétation plus intime avec des photographies de détails anatomiques de son propre corps, présentés sur des lampes-monolythes. "Au départ, c'était une manière de vaincre mes complexes", commente-t-elle. Cette présentation montrée sans tabous, dans ses lumières douces redonne toute sa valeur à un corps souvent banalisé et agressé par le tapage publicitaire. Pratique. Exposition visible jusqu'au 28 mars. Christelle, Agnès, Esthelle, Célilne et Bénédicte exposeront de nouveau aux Saulnières, lors de la manifestation Puls'art. |